Choisir sa barque de pêche : Polyester, polyéthylène ou aluminium ?

En matière de nautisme pêche les goûts et les couleurs des pêcheurs permettent un choix en matière de coques, il faut donc faire le bon lorsque l’on s’équipe. Or, ce premier choix s’avère souvent n’être qu’un coup de cœur. Il convient donc de connaître les qualités et défauts des matériaux pour faire le bon choix.

Il fut un temps, pas si lointain, où les seules barques de pêche en France étaient disponibles en fibre polyester ou en bois. Mais ce temps est révolu et avec la mode de la pêche des carnassiers en bateau, vous avez à présent un choix pléthorique à votre disposition. Mais trop de choix entraîne souvent un juste questionnement, quel sera le meilleur matériau pour ma barque ? Sera-t-elle adaptée à ma façon de pêcher et aux lacs ou rivières que je fréquente ?

Barque ou bateau ?

Comment faire la distinction avec objectivité ? Une barque peut mesurer jusqu’à 6m, elle ne possède pas de pontage et n’est jamais motorisée avec une grosse puissance.  Un petit bass boat de 4m propulsé par un 6 cv ne peut être appelé bateau, il semble que ce soit d’une part la taille et d’autre part l’équipement embarqué qui fasse d’une barque un bateau.

Le polyéthylène

C’est un plastique assez souple qui acquiert sa forme définitive par moulage puis thermo soudure. Le polyéthylène est la matière constituant les barques dites « rotomoulées » qui équipent nombre de pêcheurs. Elles ne demandent quasiment aucun entretien et sont souvent les barques achetées par les propriétaires d’étang et laissées sur place des années durant. Les barques en polyéthylène ont beaucoup d’avantages, leur souplesse leur permet d’absorber les chocs légers sans se déformer et on peut réparer un trou ou une fissure avec un simple fer à souder et un bâton de polyéthylène de la même teinte. Quasiment toutes ces barques sont à double coques donc très sécuritaires mais leur principal avantage reste le tarif avec un prix bien en deçà des autres matières. Leur désavantage est lié au poids car c’est lourd mais aussi au fait que ces coques, à cause de leur souplesse, ne permettent pas de naviguer assez vite. Le fait qu’elles soient difficilement aménageables pèse aussi dans la balance, en effet ponter ce type de barque n’est pas si facile car la matière demande des chevilles de fixation spécifiques.

Une barque polyétylène dite rotomoulée.

L’aluminium

Les barques en aluminium sont actuellement les préférées des pêcheurs hexagonaux. L’aluminium offre l’avantage de la légèreté, de la durabilité dans le temps et d’une excellente navigabilité. Il est la matière préférée du pêcheur bricoleur qui peut ainsi aménager sa barque à moindre coût avec les outils du quotidien. L’aluminium ne se corrode pas et peut coucher dehors sans aucun problème durant des années. Sa relative rigidité va lui permettre de pouvoir accueillir une bonne motorisation et ainsi pouvoir se déplacer rapidement sur l’eau. Malheureusement il a aussi quelques défauts à prendre en compte, le premier de ceux-ci est qu’il est le moins sécuritaire et sauf à investir dans un bateau à double coque moussée, une petite barque alu classique pourra couler si elle prend une grosse vague. Son second défaut est la fragilité au choc, outre une simple cabosse sans gravité, l’alu peut se déchirer sur un gros choc, se plier, se dessouder ou fuir au niveau d’un rivet. Souder de l’aluminium demande des compétences rares à trouver mais c’est possible en cherchant un peu, chez un carrossier par exemple. Dernier argument en faveur des défauts, son prix, l’alu coûte cher et une barque alu est longue à fabriquer et demande un outillage et un savoir faire particulier.

Une barque alu.

Le polyester

Les barques en fibre se font rares, pourtant elles présentent bien des avantages avec en premier lieu une navigabilité hors pair qui les font glisser mieux sur l’eau que bien d’autres matières. Le polyester reste en outre très rigide, ce qui lui permet d’accueillir une bonne motorisation tout en restant assez léger. C’est une matière que l’on peut déconseiller au bricoleur car maîtriser la science de la fibre et de la résine ne s’apprend pas en une minute, c’est ainsi qu’une simple fissure pourra être recollée à la résine mais pour un trou dans la coque il faudra faire appel à un spécialiste pour un travail soigné. Le polyester présente un autre avantage, à l’image des bass boat, il peut être équipé d’origine de nombreux coffres, son plancher peut être antidérapant et il est souvent à double coque moussée d’origine ce qui est un argument sécuritaire de poids. Dernier point relatif à la navigation, la forme de la coque peut être complexe afin d’assurer stabilité et performance en navigation et en pêche. Le polyester n’a pas que des avantages tout de même, il est très lourd, peu ou pas aménageable et il est surtout cher car il demande lui aussi un savoir faire et de l’outillage particulier.

Une barque Polyester.

Que choisir alors ?

S’il faut rester dans le point de vue d’une barque et non d’un bateau, on s’orientera vers le polyéthylène ou l’alu car très peu de barques en polyester sont réellement conçues pour la pêche. Ces dernières sont avant tout mises au point pour la navigation et n’offrent pas l’espace nécessaire et la stabilité en action de pêche qui est l’un des points fondamentaux dans notre choix. Pour les petits lacs et étangs, une simple barque rotomoulée de 3,5m suffira à vous procurer confort et plaisir sur l’eau, d’autant que de plus en plus de plan d’eaux sont interdits au moteur thermique. La longueur de 3,5m vous apportera la stabilité indispensable lorsque vous allez pêcher debout, en deçà il faudra jouer l’équilibriste et ce n’est jamais agréable. Sur les lacs de barrage ou les grandes superficies et hormis quelques très grands lacs qui demandent l’usage de bateau pour la sécurité, une barque en aluminium elle aussi de 3,5m ou plus sera le choix le plus sage. Vous pourrez la motoriser correctement de façon à minimiser vos temps de trajet sur l’eau.

Une fome moins classique, un jon boat alu.

Et la pêche ?

Si vous êtes un adepte du farniente, de la pêche au vif au bouchon, de la tirette et des pêches ancrées, une simple barque rotomoulée suffira à votre bonheur. C’est d’ailleurs ce que l’on voyait en majorité sur l’eau il y a une dizaine d’années avant l’explosion de la pêche aux leurres. La barque polyéthylène n’est pourtant pas que la barque du pêcheur à l’ancienne, elle se montre très efficace dans les techniques de pêche comme la verticale par exemple. Au contraire, pour toutes les pêches très actives comme le leurre en power fishing, une barque aluminium pontée où on se tiendra debout la plupart du temps sera un choix plus opportun. Il s’agit aussi souvent d’un choix générationnel et les plus jeunes choisissent l’aluminium pour sa facilité de mise à l’eau partout même dans des endroits sauvages où des bras vigoureux peuvent porter la barque. La barque rotomoulée reste souvent l’apanage de la génération qui prend son temps et qui préfère le confort au sport.

La barque passe partout

Une barque pour tout faire sera une coque aluminium de 3,5 à 4m de long avec des francs bords permettant d’affronter les grands lacs et les fleuves. Elle aura une étrave marquée pour couper la vague mais un fond plat pour le confort. Elle sera motorisée au minimum avec un thermique et un électrique avant et bénéficiera d’une remorque de bonne qualité pour affronter la route sereinement.

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