Pêche des daurades de débuts de saison en surfcasting

Après de longs mois d’hiver, alors que le froid s’est bien installé, le mois de mars pointe le bout de son nez. Les poissons vont sortir de leur léthargie hivernale et nous inciter à rejoindre nos spots de pêche favoris C’est une période de l’année que j’attends toujours avec impatience car c’est toujours à ce moment-là que je fais mes plus belles daurades royales.

C’est en surf-casting que j’aime particulièrement commencer ma saison de pêche. Dès les premiers redoux, je ressors mon matériel, je graisse et nettoie correctement mes moulinets et je les remplis d’un nouveau nylon de qualité. Pour pêcher de beaux poissons, surtout de la daurade royale, il ne faut pas laisser la place au hasard. Il faut mettre toutes les chances de son côté car avoir du matériel défaillant ne pardonne pas sur des poissons qui défendent chèrement leur peau.

Matériel pour la daurade en surfcasting

Je remplis généralement mes moulinets de nylon en 22/100 avec un arraché conique qui part du 25 au 50/100, sur lequel je viens directement réaliser mon montage.
Sur certaines plages où je sais pertinemment que le poisson est très loin et qu’il n’y a aucune accroche, ni de rochers, ni de bosquets d’algues où ma prise pourra aller se jeter lors du combat, je peux même descendre en 18/100 sur le moulinet pour gagner quelques précieux mètres au lancer et ainsi atteindre le lieu où il y a le passage de poissons.

Je pêche toujours en direct en réalisant un montage auto-ferrant, avec une empile placée au-dessus du lest. Ainsi, quand le poisson se saisit de l’appât et qu’il avance sous la traction du plomb il se ferrera quasiment tout seul.
Je le réalise simplement à l’aide d’un stop-float. J’en glisse un directement sur le nylon de mon arraché, puis je rajoute une micro-perle, un micro émerillon, une autre micro perle et pour finir un dernier stop-float. Mon montage sera ainsi légèrement coulissant sur l’arraché et je peux donc régler la hauteur de mon empile à ma guise. Pour finir je viens placer un émerillon avec agrafe dont je protège le nœud de raccord avec un bout de gaine. Il ne restera plus qu’à placer mon moulinet sur ma canne de Surf, passer le fil avec mon montage à travers les anneaux de ma canne, installer le plomb et l’empile sur le micro émerillon.

J’aime bien pêcher fin pour gagner en discrétion. J’utilise donc pour mon empile du fluorocarbone en 20 à 24/100 suivant mon poste de pêche. Plus le fond est propre, plus je pêche fin.
Quand on pêche sur de belles plages de sable, on peut largement prendre son temps pendant le combat. Il ne sert donc à rien de pêcher trop gros : le 20/100 suffira amplement, il faudra juste prendre beaucoup de précautions pendant le combat. Néanmoins, pêcher fin permettra à votre appât d’avoir une présentation optimale et quasi naturelle sur le fond et vous permettra d’avoir beaucoup plus de touches si le poisson est présent sur la zone.

Pour le choix de la canne, un bon compromis est une canne de 4m20 en puissance 100/200 gr. Avec ce type de matériel, il sera possible d’aller chercher le poisson à longue distance si le besoin s’en fait sentir. Le choix de la canne étant très personnel, il ne faut pas hésiter à essayer de nombreux modèles. Certaines cannes auront des actions plus ou moins paraboliques et suivant votre technicité de lancer, il ne vous restera plus qu’à faire votre choix. Il faut avant tout se sentir à l’aise avec le matériel et ne pas se sentir bloqué ou mal à l’aise lors de l’action de lancer. Un matériel non adapté aura pour conséquence des distances de pêche non maitrisées, des lancers non progressifs qui auront pour effet de nombreux emmêlages. Faites votre choix d’une manière raisonnée.

Le moulinet de surf-casting est lui aussi important et réellement spécifique à cette discipline. Il est équipé d’une bobine conique appelée long-cast, qui permet des lancers à longue distance du fait de sa forme et qui va aussi diminuer la friction du fil sur la lèvre supérieure du moulinet.

Le choix du moulinet et de la canne doit être équilibré. Un ensemble correctement choisi et correspondant à vos propres caractéristiques vous donnera un confort de pêche non négligeable. Voilà, votre matériel est prêt, votre caisse est correctement rangée. Vous avez fait le plein d’hameçons et de fluorocarbone. Il ne vous reste plus qu’à sélectionner vos appâts.

Pour réussir à prendre de tels poissons, il faut vraiment avoir un matériel adapté et savoir faire preuve d’une grande patience. La daurade est un poisson chipoteur : on voit nettement que l’hameçon est piqué juste sur le bord des lèvres.

Appâts pour la daurade en surfcasting

En début de saison, il faut des appâts conséquents. Un beau et bien gras ver de chalut, de jolis couteaux, un bibi de Sète en taille XL seront pour moi des choix évidents. Quand je pêche en surf-casting, j’aime bien pêcher avec 3 cannes, ce qui me permet de présenter mes 3 appâts et de voir quelle est la préférence du jour. Si je fais une prise avec tel ou tel appât, j’orienterai ma partie de pêche en favorisant cet appât. Certains jours, le ver de chalut en morceaux de 5 à 7 cm n’aura pas son pareil. D’autres jours ce seront les couteaux qui rempliront leur mission. Il faut pouvoir s’adapter rapidement car les passages de poissons ne doivent pas être ratés.

C’est toujours une grande satisfaction de faire deux beaux poissons dans une après-midi de pêche.
Ce même jour, nous avions, avec mes coéquipiers de pêche, relâché un grand nombre de prises.

L’organisation du poste de pêche en surfcasting

Une fois sur place, j’espace correctement mes cannes à pêche. Il faut éviter à tout prix de concentrer ses cannes tous les 5 mètres comme on le voit souvent. Espacez vos cannes et vous gagnerez en discrétion. Trop de fil tendu dans l’eau a pour effet de créer inévitablement des ondes et des vibrations que les poissons ressentent. Espacez-vous et mettez ainsi toutes les chances de votre côté.

Tout est mis en place : votre matériel est prêt, vos appâts sont installés de la manière la plus présentable possible pour qu’ils gardent une apparence quasiment naturelle, votre couteau a été correctement ligaturé mais pas de trop, votre bout de chalut et votre bibi ont été bien eschés à l’aide d’une aiguille à enfiler les vers : il ne vous reste plus qu’à lancer vos cannes. Cet instant doit être néanmoins bien réfléchi car iI ne suffit pas de lancer n’importe comment. Les cannes doivent être placées judicieusement là où il faut, là où les poissons passent, là où ils viennent s’alimenter. Pour cela, seule l’expérience de votre coin de pêche peut parler. C’est à force de pêcher dans un endroit que vous en comprendrez de plus en plus son mécanisme. Il y a forcément un endroit où le poisson passe, une cassure, voire même un léger tombant, sur une plage de sable un endroit où il y a du coquillage concassé, du sable de type coralligène, etc… Ce sont des endroits que les poissons affectionnent particulièrement. Peut-être, souhaiterez-vous explorer de nouveaux lieux de pêche à l’aide de palmes, masque et tuba… Cela reste un des meilleurs moyens pour prospecter une zone et ce sera riche d’enseignements. Une fois le spot choisi, prenez alors tout votre temps pour lancer. Placez-vous de manière à être le plus stable possible car il faut se sentir à l’aise et avoir de bons appuis. Vous pourrez alors envoyer vos montages avec précision.

On voit nettement sur cette photo les « écureuils ». Ces dispositifs de visualisation de touches sont de simples contrepoids, très pratiques et faciles à réaliser soi-même. Certains les réalisent avec des lumières à l’intérieur pour les voir la nuit.

L’action de pêche en surfcasting

L’attente de la touche peut commencer. Cet instant qui force à la patience ne vous interdit pas d’être actif. De temps à autre, faire une légère « tirette » en ramenant le montage sur un ou deux mètres aura pour effet de soulever un petit nuage de sable qui aura forcément pour effet d’attirer les poissons. Pour les poissons, ce sera comme un signe qu’un de leur congénère fouille le sable. Il faut aussi régulièrement remonter sa ligne pour vérifier l’état de son appât et éventuellement le remplacer, surtout s’il s’est fait grignoter par le menu fretin. Un banc de petits poissons qui picorent votre appât est certes pénible car il détériore votre esche destinée à une belle daurade, mais ce banc de petits poissons qui s’agitent va avoir l’effet d’attirer un beau poisson en maraude et qui sera attiré par ce remue-ménage. Il vous faut donc vérifier et renouveler régulièrement la présentation de l’appât et de votre montage. Une empile emmêlée ou toute biscornue à cause des nœuds doit-être elle aussi impérativement changée.

Vous rajouterez éventuellement sur le fil du moulinet un écureuil. Cet élément supplémentaire est en fait un simple contrepoids. Si un poisson saisit l’appât et part dans une direction, droite, gauche, ou prend le large : l’écureuil va monter. Par contre si votre prise revient vers le bord, ce témoin de touche va descendre. C’est ainsi que vous visualiserez facilement les touches sans être obligé de fixer en permanence le scion de la canne. Enfin, après l’attente, si une belle touche se présente, votre écureuil décollera littéralement. Soyez méthodique, enlevez l’écureuil s’il n’est pas déjà tombé sous l’effet du départ, prenez votre canne en main, réglez correctement votre moulinet et d’un très léger ferrage, prenez contact avec votre poisson.
Faites alors très attention car souvent à ce moment, sur de belles pièces, il y a un rush immédiat. Il faut que le poisson puisse prendre du fil, laissez-le se calmer et ensuite prenez tout votre temps pour le ramener. Généralement il va mettre quelques coups de tête et c’est une fois non loin du bord que les choses se compliquent à nouveau. Le poisson va se servir du ressac des vagues et va faire des travers. Là aussi, vous avez tout le temps ! Servez-vous des vagues pour l’échouer. Il ne faut jamais forcer une prise quand la vague se retire car cela engendrerait une casse ou un décrochage.
Une fois le poisson au sec, ce sont de multiples émotions qui vous parcourent : la joie, le plaisir, mais aussi parfois, la peine de tuer un aussi bel animal. Gardons dans la saison quelques poissons qui nous satisferont, nous et nos amis, autour d’une bonne table et pour cela, il ne faut pas laisser agoniser un poisson dans un sceau ou au sec, mais il faut l’achever rapidement. Le reste du temps, optez pour le « no-kill » raisonné et relâchez les poissons qui vous semblent en bonne forme pour repartir dans leur monde. Prenez une belle photo et regardez-les regagner les profondeurs. Cet instant sera également pour vous un grand moment de bonheur.

Quand on pêche la daurade royale sur une plage de galets, avec un fond légèrement rocheux et quelques bosquets d’algues, il ne faut pas hésiter à augmenter le diamètre du nylon du moulinet et des empiles. Ce serait vraiment dommage de perdre d’aussi jolis poissons à cause d’une simple négligence.
Quitter la version mobile