Pêche des carnassiers : soignez les derniers mètres de votre ligne

Tout pêcheur sait que pour prendre du poisson, il convient de s’équiper de matériel de qualité qui ne vous lâchera pas au bout de quelques semaines ou plus grave, lors d’une belle prise. Fort de ce constat chacun fait en sorte de s’offrir une canne moderne haut de gamme ainsi qu’un moulinet du même acabit en négligeant totalement ce qui fait le lien entre le poisson et vous : les derniers mètres de votre ligne.

Nous sommes tous pareils, prêts à mettre une somme folle dans une canne ou un moulinet mais économisant au centime près dès que l’on veut s’offrir une tresse, un fluorocarbone ou de simples agrafes. Les derniers mètres de nos lignes sont souvent sacrifiés à l’autel de la radinerie et c’est un tort car ce sont eux qui font la jonction entre vous et le poisson.

Un sacré coup de chance de prendre ce poisson avec ce qui reste d’une agrafe.

Un concept repris par les fabricants

Qu’est ce qui compose ces derniers mètres ? Un fabricant scandinave l’a fort bien compris puisqu’il propose justement des accessoires sous l’appellation « last meter », mais à l’étranger ce concept est depuis longtemps intégré dans les mentalités. Chez nos amis américains qui font et défont le marché de la pêche au leurre, le concept du dernier mètre a donné naissance à une gamme complète d’accessoires mais pas seulement, les nœuds y sont représentés aussi ainsi que la portance, la résistance à l’abrasion, l’élongation, la résistance aux nœuds et j’en passe. Tout ceci est dû à la compétition et aux sommes importantes découlant de celle-ci ; chaque compétiteur attache donc beaucoup d’importance à ces détails pour ne pas louper un podium.

Quelques bas de lignes d’ avance.

La tresse et les fils

En France, l’usage des nouveaux nylons n’est pas encore rentré dans les mœurs mais petit à petit il fait son chemin. Lorsque vous pêchez au crankbait avec une tresse sans tête de ligne, la touche peut être tellement violente qu’il arrive de casser sans explication. Il faudrait donc pour optimiser cette technique utiliser un nylon dont l’élasticité pourrait amortir la violence de la touche. On peut aussi fort bien utiliser une canne fibre dont la souplesse va encaisser le choc mais avoir une canne seulement pour le crank n’est pas à portée de toutes les bourses.

Les nouveaux copolymers révolutionnent doucement notre façon de pratiquer. S’allongeant moins que les nylons classiques, ils offrent une sensibilité bien plus importante dans la détection de touches subtiles mais lors d’un combat ils s’allongent un peu en absorbant l’excès de puissance du poisson ou de notre bras, voire de notre frein mal réglé.

Lorsque l’usage de têtes de ligne se fait sentir, par exemple en eaux claires ou lorsque des moules tapissent le fond, certains copolymers sont plus translucides ou résistants à l’abrasion qu’un classique fluorocarbone, et en plus ils sont moins chers.

Si la tresse reste un formidable outil pour les pêches à gratter ou la verticale, elle devrait marquer le pas surtout sur les pêches où l’usage du moulinet casting est le plus adapté. Qui n’a jamais pesté pour un leurre perdu au lancer à cause d’une spire de tresse coincée sous une autre dans son moulinet casting ? Avec les nylons ce problème disparaît quasiment totalement, la glisse dans les anneaux est même supérieure et les lancers peuvent être plus précis qu’avec une tresse.

Les agrafes

Ce petit bout de métal si pratique est régulièrement mis à mal par les partisans du tout nœud. Certes il peut déséquilibrer la nage de petits leurres si on n’utilise pas le modèle adapté mais on leur reproche souvent de s’ouvrir lors des combats, ça nous est presque tous arrivé une fois mais gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain. Une agrafe de qualité permet de changer rapidement de leurre et son ouverture permet aussi un bon débattement du leurre qui pourrait être bridé par un nœud serré.  Pourtant une agrafe c’est potentiellement un second point de fragilité après son nœud de jonction et en compétition il faut réduire le plus possible ces points de fragilité pour tendre vers une certaine forme de perfection en ce qui concerne la résistance linéaire de votre ligne, une fois équipée de son leurre bien entendu !

Un sacré coup de chance de prendre ce poisson avec ce qui reste d’une agrafe.

L’armement des leurres

Le concept de dernier mètre prend aussi l’armement des leurres comme paramètre, c’est peut-être celui de tous le moins suivi chez nous.  Combien de pêcheurs se soucient de l’état de leurs hameçons, qui les remplacent après quelques prises ou chocs sur les cailloux ? Personne !

Pourtant si la résistance à la traction d’un hameçon est importante, sa pénétration dans les chairs du poisson l’est aussi de façon à assurer le meilleur des ferrages.

Mais plus que le piquant de l’hameçon ce sont les nouveaux montages pour armer les leurres qui sont nés de l’envie d’optimiser l’armement. A titre d’exemples, les montages screw rig, 360 ° et autres ont notablement amélioré le ferrage des carnassiers et désormais on dépique bien moins de poissons que par le passé lors d’un combat pas parce qu’ils seraient piqués plus profond mais mieux piqués.

Les nœuds de jonction

On terminera ce passage en revue par les nœuds et les façons de relier nos lignes entre elles. A ce titre on peut une fois de plus remercier les carpistes qui nous ont montré la voie au niveau de la discrétion des montages ou de leur protection par de la gaine thermorétractable.

Les sleeves ont gagné en qualité ces dernières années et la multitude de nœuds de jonction s’est affinée pour ne garder que quelques classiques qui remportent l’adhésion des compétiteurs. Terminé le nœud de jonction tresse-tête de ligne préparé au bord de l’eau en plein vent, dorénavant on refait ses nœuds la veille d’une compétition ou d’une grande journée en les préparant au chaud à la maison sous une bonne lumière. Les nœuds n’en seront que bien mieux réalisés et plus solides, idem pour les sertissages par sleeves que l’on préparera à l’avance.

Un nœud de jonction tresse fluoro par un nœud albrigth.
Un nœud parfait pour abouter deux nylons de diamètres différents.

Le dernier mètre de notre ligne ou les derniers mètres sont très importants. Bien s’équiper pour une pêche plus efficace c’est aussi garder l’attention sur ces petits trucs qu’il ne faut surtout pas laisser de côté. C’est comme ça que l’on reconnaît les bons pêcheurs, par la prise en compte de tous ces petits détails qui augmentent vos chances de prendre des poissons.

Le choix d’une agrafe se fait en fonction de la ligne et du leurre, mieux vaut en avoir plusieurs modèles.
Différentes agrafes pour différents usages.
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