Comment pêcher le corégone? Matériel, animation et localisation

La pêche du corégone, aussi appelé féra, est une technique de pêche subtile des lacs Alpins et Jurassiens et c’est une pêche de savoir-faire et une histoire de patience, mais quelle pêche …. Passionnés de celle-ci depuis vingt ans, nous vous la décryptons dans l’espoir que vous ayez envie de découvrir comment pêcher le corégone.

 

Fiche d’identité du corégone

Appartenant à la famille des salmonidés du fait de la présence d’une deuxième nageoire dorsale, l’adipeuse, les corégonidés présentent trois genres distincts qui sont le corégone, le lavaret et le féra (souche autochtone du Léman où je pratique avec mes clients, éradiquée malheureusement de la surface du globe.

Vivant en groupe, tous ces poissons présentent une livrée argentée de toute beauté et présentent suivant les milieux des tailles généralement correctes de l’ordre de 25 à 50 cm. Leur régime alimentaire est essentiellement basé sur les chironomidés et le phytoplancton en fonction des saisons. Sur certains lacs, il n’est pas rare de trouver des poissons de 50 à 80 cm comme c’est le cas du lac du Bourget, d’Annecy, de Saint-point et du Léman. Attention, peu d’informations existent sur ce poisson (physiologie, reproduction…) et elles diffèrent selon les milieux mais le corégone est un véritable poisson de sport et le pêcher est très intéressant car ses rushs sont nombreux et vifs.

 

Pêcher le corégone dans les lacs alpins et jurassiens
Un corégone de taille correcte

Matériel pour la pêche du corégone

La pêche peut se pratiquer du bord mais rien n’est plus agréable et commode que de pêcher en bateau puisque c’est un poisson qui bouge constamment. Une canne, appelée canin, de 1,2 à 2,4 mètres est la référence en taille avec la particularité d’avoir un scion très souple (généralement en fibre plein) pour observer les touches. Un moulinet garni avec un seize centièmes minimum et des plombiers (sorte de gambe avec 5 à 18 mouches selon la législation en vigueur sur les lacs pratiqués). Les mouches sont des imitations de chironomes, c’est à dire de vers de vase, dont les couleurs et les tailles d’hameçons varient en fonction des périodes de l’année mais les teintes les plus régulières sont le noir, le rouge, le bordeaux et l’olive.

 

Différentes nymphes

Localisation des corégones

Voici la réelle difficulté de cette pêche, où plus exactement c’est de trouver des poissons qui se nourrissent… Selon les milieux, le corégone évolue de 1 à 50 mètres de fond. Sur certaines périodes fastes en termes nutritionnelles, nous trouvons des échos dans toutes les profondeurs mais seulement une seule sera celle de la nutrition et c’est là que peut commencer la « traversée du désert ». Pour éviter de perdre du temps de simples observations sur les fonds au sondeur peuvent être utiles. Nous privilégierons les spots qui présentent le plus de sédiments vaseux (c’est l’habitat des chironomes) au bord des cassures puis les monts immergés et tous les lieux qui présentent une configuration vallonnée. Une astuce consiste aussi à regarder ce qui vole et de trouver l’endroit de l’éclosion en tenant compte des vents et des courants existants le jour de notre pêche. Quoi qu’il en soit, si nous sommes au bon endroit, la touche doit intervenir dans les cinq minutes et cela arrive très souvent à la première descente du plombier.

 

Exemple de fond avec la bonne température

Activité alimentaire des corégones

C’est un point très troublant pour les pêcheurs puisqu’elle peut se dérouler toute la journée avec un rythme effréné, être en plusieurs phases ou encore ne représenter qu’une faible partie de la journée comme un quart d’heure… Il est donc opportun de pêcher sur les différents moments de la journée et de rester concentré pour réussir notre pêche. Depuis des années que je le pêche, chaque saison est différente et les mêmes créneaux horaires ne durent qu’un temps (généralement une semaine voire deux avec de la chance). La seule chose qui peut s’avérer certaine c’est que le corégone se nourrit tous les jours et avec frénésie sur les eaux de températures élevées (à partir de 18°C, le top étant 21°C), ce qui le place en opposition avec de nombreux salmonidés qui préfèrent les eaux froides (entre 12 et 16°C).

 

Un beau corégone du Léman

Animation et tenue de la canne pour la pêche du corégone

Pêcher au canin demande de bien comprendre comment évoluent les insectes dans l’eau car les animations effectuées avec la canne sont le reflet des remontées d’insectes vers la surface de l’eau pour se transformer en insectes volants. Le plus souvent, les insectes remontent grâce à une bulle d’air qui leur sert de parachute ascensionnel, nous comprenons donc que l’animation doit être lente et régulière… Nous pêcherons donc en verticale en positionnant notre main sur le pied du moulinet, ce qui nous évitera des accélérations intempestives nuisant à la réussite de cette pêche. Nous effectuerons cette animation de bas en haut à partir du fond sur environ un mètre en gardant à l’esprit que nous devons préserver une distance de ferrage sur le haut.

 

La bonne tenue de canne

Effectuer un ferrage correct

La prise en main de la canne par le pied du moulinet permet de ferrer correctement puisque celle-ci empêche l’action du poignet qui a la fâcheuse tendance à déchirer la gueule fragile des corégones. Si nous ferrons avec le poignet cela génère de nombreuses casses sur les beaux poissons lorsque nous dépassons les huit mètres de profondeur et parfois, nous perdons le seul poisson de la journée pour cette erreur….

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