Comprendre le mode 2D des echosondeurs et son utilisation

Ayant posé les bases de l’utilisation d’un sondeur dans l’édition #7, nous allons nous intéresser plus en détail au mode 2D, pour les autres modes il en sera question dans les prochaines éditions. Ce fameux mode 2D est celui qui équipe de série quasiment tous les sondeurs et constitue, historiquement, l’origine de l’électronique embarquée. C’est donc logiquement ce mode qu’il convient d’aborder en premier car si vous deviez en utilisez qu’un ce serait celui-ci.

Généralement la première image qui vient en tête lorsque l’on évoque ce mode 2D est un écran blanc ou un fond de couleur et des arcs parfaits symbolisant des poissons. Bon ça c’est la théorie, en réalité c’est un peu plus complexe, car il va falloir jouer avec les réglages et apprendre à interpréter ce que l’on voit.

Alors concrètement comment ça marche ? En fait, il faut s’imaginer un cône qui est projeté vers le fond et dont la pointe se trouve au niveau de la sonde. Plus la fréquence du faisceau sélectionné est grande plus l’on va couvrir de surface au fond.

Bien utiliser le mode 2D d'un echosondeur
Carnassier qui « fend » un banc de poissons !

La fréquence de la sonde

Commençons par la fréquence de la sonde, quel réglage choisir ? Exemple de la verticale : on va modifier la fréquence de la sonde en fonction de ce que l’on veut voir, c’est-à-dire, plus la fréquence est petite, plus la zone couverte par le « cône » est large. Par exemple un faisceau de 200kHZ produit un « cône » de 20° soit une surface couverte du fond égale à la profondeur multipliée par 1/3. Par 10 mètres de fond on couvre donc une surface d’un peu plus de 3m de diamètre. Ce faisceau nous donnera une image plus précise, plus à l’aplomb du bateau. Pour un faisceau de 83kHZ, soit une ouverture de 60°, par 10 mètres de fond la surface couverte est d’environ 9m de diamètre (surface couverte = + ou – la profondeur). Donc pour revenir à la verticale, en dessous de 10-12m de profondeur on va plutôt utiliser une fréquence de 200/83kHZ et au-delà, si l’on veut restreindre la quantité d’informations retranscrites, celle en 200kHZ.

Un autre moyen de filtrer les informations retranscrites est de jouer sur la sensibilité, on va plutôt la réduire en cas d’eau très chargée ou l’augmenter si l’on recherche les bancs de petits poissons. Certains modèles possèdent un mode spécifique : le Switch Fire, qui permet de basculer entre un mode qui renvoi un maximum d’information (mode max) et un autre beaucoup plus filtré (mode effacement).

Comparaison des surfaces couvertes par un faisceau de 83Hz ou un 200 Hz
Champ de balayage des faisceaux

Comment interpréter ce que l’on voit sur un echosondeur

Ce que nous allons voir à l’écran est une mine d’informations, à condition de savoir ce que l’on regarde. L’idéal étant un écran couleur, car même si avec un écran monochrome on va obtenir sensiblement la même chose l’interprétation en sera moins aisée. Il y a différentes palettes de couleur mais en fonction de l’intensité du retour la couleur va varier et nous apporter beaucoup d’informations : positionnement de l’objet, sa densité… (cf. encadré).

Quelle que soit la direction dans laquelle on se déplace l’image est retranscrite de la même façon, c’est le sens de défilement qui s’opère de la droite vers la gauche. Un trait qui descend de la gauche vers la droite est soit un objet ou un poisson qui se dirige vers le fond, et à l’inverse un trait qui monte de la gauche vers la droite est un poisson ou une bulle d’air qui se dirige vers la surface. Un exemple d’interprétation : on peut voir des bulles monter en continue du fond vers la surface si on suit leur sens, mais on n’en verra qu’une partie si nous ne faisons que « croiser » leur chemin.

Les poissons isolés vont donc plutôt ressembler à des arcs ou des traits et les bancs à des amas ou des boules. Ceci va varier en fonction de la taille des poissons, dans la mesure où plus les poissons vont être petits et le banc compact, plus la distinction entre individus sera difficile et donc plus le retour se fera sous forme d’un nuage compact.

Poisson qui fouille : les bulles sont les traits qui montent vers la la droite et le poisson, le trait horizontal
Retour type fond dur

Comment exploiter ce que l’on voit sur le sondeur ?

Le sondeur est un outil remarquable pour différentes raisons car il permet de réellement comprendre ce qui se passe sous la surface et de voir des choses qui étaient jusque là complètements invisibles. Prenons l’exemple de la thermocline, cette zone pourra facilement être trouvée dans les lacs et grands plans d’eau, et peut expliquer la localisation des poissons à une hauteur donnée. L’augmentation de la densité de l’eau liée au changement de température et de la profondeur crée une zone de « confort » thermique et « alimentaire » en bloquant le phytoplancton et le zooplancton.

On va également pouvoir déterminer la nature des fonds, il suffit de se rappeler qu’un fond dur va retourner plus d’informations qu’un fond mou qui aura plutôt tendance à absorber le faisceau. On aura donc un fond généralement plus épais à l’écran quand le fond est dur et fin quand il est mou. Attention, ceci peut être modifié lorsque la fonction « fond/échelle auto » est activé et dans ce cas l’image va s’ajuster de façon automatique en fonction de la profondeur et on perd des fois cette information.

La profondeur va aussi jouer sur ce que l’on va voir, idéalement placé dans le faisceau un poisson de 1m apparaîtra toujours plus petit plus la profondeur va augmenter ! Un gros écho dans peu d’eau ne veut pas dire gros poisson et inversement un petit écho dans beaucoup d’eau !

Avec l’habitude on va pouvoir visualiser son leurre et adapter son animation au comportement des poissons. Sur la prochaine photo, (il faut la regarder de gauche à droite : sens de défilement) on voit plusieurs poissons venir voir le leurre (le trait horizontal à environ 12m). Puis un premier décolle du fond, suivi par un deuxième qui monte franchement vers le leurre. Aux ¾ de la capture, le leurre descend d’environ 1.5m ce qui visiblement déplait au poisson qui retourne vers le fond. On voit clairement que le poisson est passé devant puis derrière le leurre et on imagine facilement le petit geste qu’il a fait avec sa nageoire avant de redescendre !

Themocline à environ 16m

Quelles en sont les limites d’un echosondeur?

La première est tout simplement que si l’on ne sait pas ce que l’on regarde tout devient des poissons, même un arbre immergé qui va alors passer du statut de poste idéal à cimetière à leurres ! De même, une fois que l’on a trouvé du poisson on ne sait pas de quelle espèce il s’agit et on aura beau passer son shad devant une carpe, il n’y a que peu de chances qu’elle y soit sensible ! Ce n’est qu’avec l’habitude que l’on arrive à « deviner » l’espèce et lorsque l’on compare des images sous-marines on est bien surpris de voir à quel point les différents poissons cohabitent.

Un autre problème est cette « zone d’ombre », elle existe même sur un fond plat et est d’autant plus prononcée sur un fond irrégulier et pentu. Le sondeur va réaliser une sorte de moyenne de la profondeur, et donc ce qui sera affiché sur l’écran n’est pas le fond réel mais une retranscription d’une zone circulaire en un trait. Un poisson plaqué sur un fond mou, calé entre des cailloux…est tout simple invisible. Ceci explique pourquoi on peut tout à fait attraper un poisson sans l’avoir vu sur l’écran.

Le sondeur reste, à condition de savoir interpréter ce que l’on voit, un formidable outil qui, au-delà de faire réellement prendre plus de poissons, va permettre de comprendre ce qui se passe sous la surface. Le mode 2D, le plus connu, est la base qu’il faut maîtriser avant tout. Les autres modes de type Down Imaging et Side Imaging sont d’autant plus des outils formidables que nous les aborderons dans les articles à venir. On abordera également la révolution de 2015, l’Autochart Live ou comment réaliser sa cartographie bathymétrique tout en pêchant ! J’utilise des sondeurs Humminbird Onix, mais ce que nous allons aborder peut-être extrapolé à d’autres marques sans soucis. Vous l’aurez compris, il n’y pas de secrets, il faut aller à la pêche et utiliser son sondeur pour réussir à le comprendre.

Refus d’un poisson en direct !
Poisson (trait qui monte à la quasi verticale) pris dans la zone d’ombre

 

Explication technique : une question de forme

Un poisson qui va rester dans le cône formé par le faiseau sera représenté par une ligne continue, mais dès qu’il en sort, il « disparait ». Le fameux « arc » est créé par l’entrée du poisson dans le cône (faible retour du faiseau) puis il passe au milieu (crête de l’arc = retour maximal) pour en ressortir (à nouveau faible retour du faiseau).

Explication technique : une question de couleur

Il y a différentes palettes mais en fonction de l’intensité du retour la couleur va varier. Dans les captures d’écrans de cet article la couleur corespondante à l’intensité de retour la plus forte est le rouge et la moins forte le bleu. Plus « l’objet » est à l’aplomb de la sonde, plus le retour sera fort, de plus la densité va aussi jouer un rôle important.

Explication technique : une question de température

La thermocline mais qu’est ce que c’est ? Pour faire simple il s’agit d’une zone de démarquation que l’on retrouve principalement dans les lacs. La stratification thermique découpe schématiquement la hauteur d’eau en 3 parties : l’épiliminion, le métaminion et l’hypominion. La 1ère étant la zone la plus chaude et « vivante », la 2ème la zone de transition et la 3ème la plus froide. En fonction de la pronfondeur et de la température la densité de l’eau va augmenter, la themocline n’est pas le métamionion en tant que tel mais la zone où l’on va trouver la plus grande transition thermique. En fonction des saisons et de la météo ces zones vont évoluer et changer de profondeur voire dans certains cas s’inverser.

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