Le jerkbait, le leurre à avoir pour la pêche du brochet

Le jerkbait est arrivé tardivement en France, il faut préciser qu’il ne vient ni du pays du soleil levant ni des Etats Unis d’où sont arrivés les premiers poissons nageurs modernes.  Il y a donc une quinzaine d’années, nous nous sommes rués sur les crankbaits, les minnows, les lipless…. Vint ensuite la mode des premiers gros swimbaits puis plus rien durant un temps. Il aura fallu qu’un de ces jerkbait se démarque des autres leurres grâce à une petite poignée de spécialistes pour arriver à ce qu’il est maintenant, un leurre incontournable pour le brochet.

Un jerkbait comme son nom l’indique est un leurre à secouer, en plus du classique jerkbait originaire de Scandinavie et dépourvu de bavette on place aussi dans cette catégorie les jerkbait minnow comme l’est le Rapala le plus classique. Ces leurres ne se ramènent pas linéairement, quoiqu’on puisse le faire mais ils donnent le meilleur d’eux même en se prenant des tirées régulières qui les feront avancer en zig zag.

Rapala Original et Buster jerk, les légendes des jerkbaits

Un jerkbait minnow se manie plus avec de petites tirées rapides qu’on appelle twitches alors qu’un jerkbait classique demande des mouvements de plus fortes amplitudes.

Parfois qualifiée de pêche de bûcheron ou de bourrin, la pêche au jerk est plus subtile qu’il n’y paraît.  Elle utilise un leurre massif, à flancs plats ou peu arrondis qui va donner une silhouette subaquatique plutôt conséquente sans pour autant tirer désagréablement dans la canne du pêcheur.

Un jerk c’est donc un poisson nageur sans bavette, sans méplat frontal avec une attache en pointe de museau.  C’est certainement le tout premier poisson nageur qui a été inventé, l’ajout ultérieur d’une bavette aura été le point de départ de la célébrité d’une grande marque finlandaise.

Le Glide Hustler de Vagabond, un leurre de toute beauté

Le matériel du pêcheur au jerkbait

C’est la canne qui fera la grande majorité du boulot. Le jerkbait n’ayant pas de bavette il a une tendance naturelle à remonter à la traction il faut donc toujours ou presque pêcher canne basse. Le mouvement de jerk peut se faire avec les bras latéralement ou de haut en bas  mais il est plus efficace et a plus d’amplitude s’il est fait avec le bassin. Pour cela une canne courte est indispensable afin que le scion ne claque pas à la surface de l’eau à chaque mouvement. La plupart des cannes à jerk mesurent 1,80m, quelques unes montent à 2,10m mais c’est là un maximum qu’il convient de ne pas dépasser.

L’action de la canne devra être plutôt souple pour encaisser la lourdeur du départ du jerk et pas très résonnante pour éviter les vibrations parasites du leurre qui frotte le bas de ligne. Il faudra pourtant qu’elle reste sensible pour détecter la touche lorsque le fil est détendu, ce qui arrive à chaque fin de mouvement quand le leurre continue d’avancer sur son élan.

Le scion d’une canne à jerk, ça cause non ?

Pour le moulinet visez le costaud car l’axe sera soumis à rude épreuve avec tous ces jerks plus ou moins secs. La très grande majorité des cannes, voire même la totalité des cannes à jerker sont des modèles casting où l’on montera un moulinet à profil rond qui facilite le mouvement car il s’agrippe mieux qu’un low profile pour jerker.  Le fil sera une tresse de fort diamètre, au moins 25 centièmes et on terminera avec un bas de ligne assez raide, un gros fluorocarbone ou un bas de ligne spécial en corde à piano rigide pour éviter que le triple de queue ne vienne se prendre sur le bas de ligne.

Un bon moulinet solide de bonne réputation car il devra encaisser

Il y a jerker et jerker

Selon le jerkbait et selon l’amplitude et la force de votre mouvement, le poisson nageur aura un comportement différent. J’avoue mon amour pour les longs jerks fait avec le bassin qui font prendre à mon jerkbait une nage en walking the dog assez ample, mais ce n’est pas la seule méthode qui fonctionne. Le jerk au bras donne une moindre amplitude mais plus rapide et plus agressive. La plus radicale étant le jerk de bas en haut sur 20 cm qui donnera l’illusion d’une proie complètement folle qui part dans toutes les directions. N’oublions pas le « long slide » ou la tirée continue sur une forte amplitude suivie d’une pause plus ou moins longue.

Stratégie de pêche au jerk

A l’ouverture car c’est selon moi la période fétiche pour utiliser ce type de leurres, on pêche au jerk dans les queues d’étang, les reculées de lacs ou les zones peu profondes des fleuves et rivières. Le jerkbait est un leurre qui n’est guère efficace dans plus de 5m d’eau car il nage près de la surface.  Cette vérité est régulièrement mise à mal par des poissons montant de 15m de profondeur mais c’est plutôt rare.

Au printemps on sait que les brochets et autres prédateurs aquatiques se régalent des blancs lors de la fraye. Les gardons et brèmes se rapprochent des bordures et il n’est pas rare de voir une chasse violente d’un brochet rendu affamé après sa propre fraye et qui ne veut qu’engranger des protéines.

Dans ces zones peu profondes, réchauffées et dégagées, je monte un jerkbait et je peigne en éventail. En début de saison, peu de risque de se prendre dans les herbiers car un jerk évolue entre 0,5 et 1m de profondeur.

Lorsque l’été arrive le jerkbait surprend les brochets postés sur les bordures ou juste à la première cassure. Ceux qui ont quitté la bordure pour s’éloigner un peu sont souvent les plus gros et ils montent vite sur un gros leurre bruyant aux mouvements aguichants.

A l’automne et en hiver, je range mes jerkbaits, pas qu’ils soient totalement inefficaces mais ils perdent quand même en attractivité car les poissons rejoignent les fonds.

Le Lipless Glider de Sébile, un jerk plutôt passe partout avec un coloris fire tiger très flashy

Différents modèles de jerkbaits

Toutes les marques ou presque proposent des modèles de jerkbait mais certains sortent du lot. Le Glide Hustler de Vagabond possède une finition exceptionnelle. Le Jerk de Westin nage seul sans besoin d’être secoué. Le Lipless Glider de Sébile possède des hameçons montés sur roulements pour éviter les décrochés car ces gros leurres offrent une importante surface d’appui au poisson et les décrochés ne sont pas rares.

Le Jätte de Westin, un sauve bredouille de début de saison encore peu connu

Le leurre préféré des crafteurs

Le jerkbait avec sa surface importante et sa conception relativement simple est vite devenu le leurre préféré des crafteurs qui peuvent donner libre court à leur imagination, si les crafteurs purs et durs conçoivent entièrement le leurre de A à Z, d’autres ne font que customiser ce dernier, une belle idée cadeau pour un anniversaire avec un jerkait à son nom !

Les plus belles créations sont à mon sens celles de Mr Craft avec un modèle de jerk au look réellement sympa et coté custom peinture, on peut citer Custom Pêche qui pour une vingtaine d’euros vous repeindra votre jerkbait fétiche aux couleurs que vous souhaiterez.

Superbe non ? Ce leurre est le plus facilement customisable
Amateur de métal, voici le jerk Iron maiden !

Une marque leader et quelques innovations

C’est la marque scandinave CWC distribuée en France par SMITH qui s’illustre avec une gamme très complète, voir pléthorique.  L’original Buster jerk a cédé la place à ses déclinaisons en de multiples tailles, versions suspending ou flottante.

La dernière innovation en date vient aussi d’une marque venue du nord de l’Europe avec Savage Gear et son modèle 3D Roach Jerkster. En plus d’une très belle finition ce leurre possède la particularité d’avoir une chambre interne accessible via un bouchon. En changeant la bille acier par une bille en verre ou en n’en mettant aucune, on changera la sonorité ainsi que la vitesse de coulée du leurre. On pourra donc s’adapter à de multiples hauteurs d’eau et à l’humeur changeante des carnassiers face aux sonorités émises.

Les brochets ne resistent pas à ce type de leurre, ce magnifique poisson en est la preuve
Une petite selection de jerkbaits sans bavette

 Deux jerkbaits incontournables

Le Glidin’ Rap de Rapala, le premier jerkbait avec lequel j’ai pêché et pris du poisson.  J’avoue au début avoir douté sérieusement lorsque j’ai constaté l’absence de nage de ce leurre. Pas de rolling, pas de wobbling…Je me suis gratté la tête mais j’ai commencé mes mouvements de jerk et quelques minutes plus tard un premier brochet se pendait après.  Le Glindin’ Rap est en bois d’abashi, plutôt rare dans cette catégorie et il peut s’utiliser avec une canne spinning en puissance 15/50g. Il réagit très bien aux coups de scion et ne mettra pas longtemps à vous prouver son efficacité.

Le Gliddin Rap de Rapala, la légende !

Seconde légende du jerkbait, le fameux Buster Jerk de la marque CWC. Les premiers à l’utiliser ont réalisé de véritables cartons sur les grands lacs à brochets tels que le Grand Large à Lyon.  Le Buster jerk est un leurre en plastique qui renferme une grosse bille bruiteuse mais sa grande qualité est de couler à plat en dodelinant un peu. Il répond très bien aux jerks à toutes les vitesses et est décliné maintenant en de multiples tailles qui vont du leurre à perche à celui à gros brochet. Le choix des couleurs donne le tournis et la déco nordique est incroyablement fun. Je préfère pour ma part rester sur du classique avec le coloris brochet ou perche en eaux claires et le Parrot (perroquet) en eaux troubles

Autre légende, le Buster jerk, à posséder absolument

Quitter la version mobile