Pêche à la mouche : finir l’année à l’ombre en seconde catégorie

La première catégorie vient de fermer et nous sommes quelques mois sans possibilités pour pêcher la truite en rivière. Mais pour les amoureux de la rivière dont nous faisons partie, il reste une possibilité intéressante, la pêche à la mouche d’arrière saison de l’ombre commun en seconde catégorie.

De novembre à fin décembre, nous sommes dans une période froide et ventée qui reste très technique pour les pêcheurs à la mouche même si c’est une belle période de pêche de l’ombre en sèche et en nymphe au fil. Les éclosions plus courtes en durée dans la journée ne s’effectuent qu’aux heures les plus chaudes, seuls certains insectes sont capables d’émerger avec ce froid et les ombres s’activent dessus dès le redoux journalier.

Le matériel

Nous pêchons de grandes rivières ou des fleuves, il est donc certains que nos cannes sont choisies pour avoir la meilleure dérive possible et tenue de poissons sur fil fin. Nous estimons que nous ne pouvons pas descendre en dessous de 9,6 pieds avec une préférence pour le segment de 10 à 11 pieds en soie de 4/5 ou 5/6. L’action de la canne sera très progressive permettant de brider au besoin sur fil fin les beaux poissons. Par choix, nous utilisons une 10 pieds soie 4/5 – T47 Devaux ou une 10 pieds soie 4/5 – T48 Devaux chargées avec une WF5F.

Les bas de ligne

Nous savons que l’ombre est bien plus sensible au dragage des mouches et seule une présentation irréprochable permet de séduire ce poisson. La pointe de référence pour la pêche des ombres est le 10 centièmes pour les pêches délicates :

PêcheVent403530252016141210
sècheSans7070707060504050120
 Avec706050403030203080
 
nympheSans606060504030*40*120
 Avec404040303030*40*80

* Les couleurs matérialisent les témoins colorés de touche pour la pêche en nymphe. Il est important de retenir que nos bas de ligne doivent flotter parfaitement, nous ne devons pas oublier des les graisser jusqu’aux témoins compris.

Les mouches d’arrière saison

Dans cette période de l’année, peu de représentants aquatiques sortent mais il n’en demeure pas moins que le pêcheur doit les connaître et surtout les reconnaître. Nous avions expliqué dans l’article du précédent numéro (Mag 17) qu’une observation rapide des stades larvaires nous oriente dans notre choix de mouche sèche et de nymphe. En cette période, les chironomes sont les plus fréquents car leur éclosion est journalière alors que les baetis, sedges et encore plus les sulfures, nécessitent de l’ensoleillement.

Les couleurs dominantes sont le jaune pale à doré pour les sulfures, le marron/ocre pour les sedges, le gris et l’olive pour les baetis et le noir/gris pour les chironomes.

Les ombres ont des préférences « culinaires » assez marquées et il est opportun de posséder une grande diversité en terme de taille d’hameçons, de flottaison et de corps. Il est fréquent que ceux-ci préfèrent des corps en quill de paon ou de herls entourés sur de petits hameçons – de 18 à 22.

Regarder la taille et la couleur !

L’activité des poissons

Régit par l’éclosion journalière, il n’est pas rare de constater des ombres gober très tôt sur des spents de précédentes éclosions. Toutefois ne confondons pas une activité matinale de surface qui durera une heure avec la véritable activité qui devrait avoir lieu dès les 13/14h. Durant le laps de temps entre les deux activités de surface, seules les nymphes pourront nous aider à concrétiser quelques prises. Par contre, le vent est le pire ennemi du pêcheur d’ombre, du moins en France, puisque si le vent souffle pendant l’éclosion, les gobages sont raréfiés voire stoppés par celui-ci et nous ne pourrons que pêcher au fil plaqué.

L’action de pêche en sèche

Nous le disions, les ombres sont des poissons très regardants et pour se simplifier le pêcheur peut de temps à autre se positionner sur le poste de façon à limiter voire annihiler totalement le dragage. Pour se faire, il suffit de pêcher plein aval en se positionnant sur l’amont du poste en pratiquant des posés parachute – canne maintenue haute sur le blocage du « shoot » avant. Par contre, il se peut que les poissons ne supportent pas par eau basse ce positionnement du pêcheur et nous devons avoir recours à une pêche de côté depuis la rive, c’est à dire à la perpendiculaire de la berge avec des posés courbes en amont des poissons.

L’action de pêche en nymphe

Moins regardants dans cette pratique, les ombres prennent même volontiers une petite nymphe qui se met à draguer en remontant légèrement. Déconcertant parfois, il aimera ou non des animations sur nos nymphes lors des dérives. Amont, aval, de travers, toutes les dérives sont imaginables en nymphe au fil du moment que nous avons trouvé les poissons. En nymphe, il est capital de comprendre ce que le poisson prend comme proie et ce qui enclenche sa prédation.

Les passionnés sont déjà prêts pour continuer quelques semaines à pêcher à la mouche et les personnes qui désirent découvrir cette pêche pourront s’y adonner avec ses quelques bases. Le tout est d’aller pêcher !

Un dos bleu, nom spécifique du couloir Rhodanien
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