Pêche du brochet en automne : trouver les bons postes d’Esox

C’est la saison qu’il ne faut pas rater pour la pêche du brochet, et des carnassiers en règle générale. Après la torpeur de l’été, voilà l’automne avec son eau plus oxygénée et les besoins nutritifs grandissants de nos compagnons de jeu. L’automne a toujours été la saison du carnassier et souvent celle de la « poutre » que l’on recherche depuis plusieurs mois. Le retour d’une eau plus oxygénée après les journées chaudes de l’été, le besoin des carnassiers de charger leur potentiel adipeux pour faire face à l’hiver prochain, sont des éléments favorables pour réussir notre sortie.

La petite laine est souvent nécessaire le matin et le tee-shirt est souvent recouvert, mais c’est une saison qui procure de belles sensations pour peu que l’on recherche les carnassiers avec méthode. Et puis, reconnaissons que les couleurs douces et chatoyantes de cette période qui embellissent la nature environnante, donnent raison à notre départ à l’aurore car la pêche c’est aussi profiter pleinement du cadre magnifique de nos parties de pêche. Mais revenons après ces pensées bucoliques au cœur du sujet : brochets où êtes-vous ? Parce que c’est bien de faire de jolies photos de ce ciel qui flamboie, de s’émouvoir du vol des sarcelles, mais on est là pour trouver des brocs !

Broc ayant succombé à un shad en linéaire

Les hauts fonds en lac : un bon poste pour la pêche du brochet

Les bordures végétatives gardant une température plus chaude sont encore des postes à privilégier en power fishing car si le poisson fourrage n’a pas déserté les lieux en raison d’une longue période de froid, il sera certainement fortement sollicité par les carnassiers aux alentours, on pêchera méthodiquement en lançant à ras de la roselière ou des potamots s’ils se situent en bordure d’une cassure. Sur un grand lac, cette prospection peut être payante en pêchant en linéaire au shad, au crank, voir même avec un jerkbait animé en « walking the dog ». L’idéal, si vous ne connaissez pas les lieux, serait de faire une demi-journée de repérage afin de connaitre la topographie car si un lac naturel reste assez constant et que les échanges thermiques se font progressivement, il n’en est pas de même sur des lacs réservoirs comme ceux que je pratique dans le département de l’Aube. Les étiages peuvent-être prononcés pour des raisons propres à la gestion et le lac perdre plusieurs mètres en quelques semaines. Je peux vous assurer que cela change radicalement la donne et que les zones propices la semaine d’avant sont un désert le week-end suivant. C’est pourquoi il me semble important pour ne pas louper sa session, de prospecter à minima… ou de poser quelques questions aux autochtones quand ils sont coopératifs !

Force est de constater que les hauts fonds sont de véritables îlots à… sauve bredouille ! Il y a toujours plusieurs carnassiers qui viennent patrouiller le secteur à la recherche de pitance. Certains de ces hauts fonds peuvent descendre jusqu’à des profondeurs importantes et receler de beaux spécimens, ce sont des spots incontournables. Ces postes ont fait leur preuve, d’autres sont aussi de véritables réceptacles à carnassiers. Je pense là aux arbres immergés où ceux qui sont les vestiges du passé dans un lac réservoir. Souvent profonds, on y trouve du cyprinidé de l’année (ou des perchettes) dans la partie haute, des perches à l’étage inférieur et quelques beaux carnassiers au rez-de-chaussée, voire suspendus veillant jalousement sur leur garde-manger.

L’automne la saison des beaux poissons

Lecture d’une rivière : les zones pour la pêche du brochet

En rivière, les zones propices pour la pêche automnale vont également changer en fonction de l’emplacement probable du poisson fourrage. Généralement la rive à l’intérieur d’un virage est peu profonde, elle favorise le développement des herbiers aquatiques en raison du dépôt d’alluvions, on y trouvera bon nombre de carnassiers à l’affut, alors que la rive d’en face creusée par le courant sera plus profonde et peut-être plus prometteuse si ce sont installées les perches. Les fosses profondes moins courantes sont des postes de qualité en période automnale pour peu qu’elles soient alimentées par une arrivée d’eau chargée de nutriments gardant sur place le poisson fourrage. Autres postes : cassures, arbres immergés, pont et structures. C’est souvent en marge du courant principal que se situent les carnassiers, les cyprinidés s’étant rassemblés dans l’axe de la veine d’eau principale. En lac, on peut s’aider du sondeur pour trouver le poisson fourrage qui est souvent suivi par les carnassiers. Une information capitale permettant de ne pas louper la pêche du jour. En rivière et canal, cela est plus compliqué puisque cet outil génial ne peut être utilisé que dans le cadre d’une pratique en barque. Seule l’observation peut pallier à ce manque d’information : une chasse, la présence de cyprinidés en surface, un poste occupé régulièrement par un pêcheur au coup qui amorce…

Le ciel flamboie c’est beau aussi !

L’animation automnale des leurres à brochet

Nous ne sommes pas encore dans la période hivernale et même si la température de l’eau a perdu quelques degrés, le métabolisme des carnassiers n’est pas encore au ralenti, mieux : ils sont poussés par ce besoin viscéral d’engranger de la nourriture avant les premiers frimas, raison de plus pour optimiser sa pêche avec des leurres importants. Le big bait a toute sa place dans vos boîtes à cette saison de l’année car s’ils ne rechignent pas à taper dans les boules de cyprinidés et perchettes de l’année, opportunité oblige, une proie assurant une bonne prise de protéines ne laissera pas les carnassiers indifférents. C’est pourquoi les leurres souples de 18 ou 22 cm auront leur utilité. Animation rapide ou lente ? Il faut manifestement varier celle-ci et couvrir toutes les couches d’eau même si à priori, la tendance sera à des animations moins soutenue que pendant la période estivale. Nous ne sommes pas encore face à des carnassiers atones, calés sur le fond et ne se déplaçant que pour capter une proie passant à proximité. Certes, ils ne couvrent pas des zones très importantes et suivent leur garde-manger afin d’éviter des déperditions caloriques, néanmoins leur agressivité est un atout qu’il faudra exploiter en « peignant » une zone où le poisson fourrage est présent. La présence de sangsues lors d’une prise sur le corps de notre ami Esox Lucius nous donnera une information : Peu d’activité donc pêche lente à ras du fond.

Le shad a encore fait une victime d’automne (mais remis bien sûr à l’eau)

Les leurres utiles pour la pêche au brochet

Les techniques modernes de pêche aux leurres souples pourront s’exprimer pleinement à l’automne, je ne vais pas lister tous les shads existants du marché mais les classiques sont toujours opérationnels comme le Ripple shad de Berkley, Le Shad Teez de Westin, l’incontournable One up shad, un peu trop tendre à mon goût, Le Replicant de Fox que l’on ne présente plus et le Divinator de Biwaa qui tient toujours la route. J’ai un faible à cette saison pour le Swimpike de Biwaa que je ramène en linéaire à ras du fond et me vaut quelques belles prises notamment en fin de saison. Il faudra de toute façon adapter la pêche et l’animation pour les rendre le plus opérationnel possible en jouant sur plusieurs techniques : linéaire, avec de sèches tractions, en « stop and go », animation planante ou plus rapide, leurres souples ou leurres durs et même poisson mort pour ceux qui utilisent encore cette technique toujours payante. Quoi qu’il en soit, avant de changer votre leurre parce qu’il n’a pas été opérant, tentez de modifier sa nage et l’animation car trop souvent on change de leurre sans avoir pleinement exploité tout son potentiel.

S’il y a une saison du carnassier à ne pas louper, c’est bien celle de l’automne car elle peut être très productive et riche en émotions. Cela étant, il restera quand même la difficulté de trouver le poisson comme toujours, de réfléchir sur les postes potentiels : une arrivée d’eau bien oxygénée pouvant maintenir dans son sillage du poisson fourrage, cette berge creusée par la crue en limite des potamots, ce haut fond où les mouchages trahissent la présence des gardons, cette cassure profonde où les échos du sondeur matérialisent une boule de cyprinidés ou de perchettes. Et puis si le broc se fait attendre, profitez pleinement des derniers rayons du soleil et de la parure multicolore des arbres environnants dans l’attente de LA touche, celle d’une poutre bien sûr !

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