Pêche à la truite : comment éviter les décrochés intempestifs ?

La pêche est un sport-loisir qui comprend une part de chance et de malchance. La chance, le pêcheur l’accepte volontiers mais la malchance, il n’en veut pas. Ce dernier facteur peut, avec la connaissance du matériel et des poissons, être réduit à néant voire totalement supprimé dans l’action de pêche.

Réduire les décrochés est un défi que chaque pêcheur rencontre lors de ses pêches dans l’année. Il ne sait pas, du moins au début, pourquoi il décroche autant de poissons… Même avec des armements qui couvrent la majorité de la surface du leurre par exemple, impossible de piquer correctement les poissons ! C’est à se demander si les truites ne sont pas ce jour là capables de voir en détails tous les subterfuges utilisés pour les piquer.

 

Les origines du décroché

Le décroché prend naissance dans le choix du matériel en fonction du milieu, dans le niveau technique du pêcheur et bien sûr, dans l’activité alimentaire des poissons recherchés. Mais si nous devions classer correctement ces trois impacts sur le phénomène de décroché sans regarder la technique utilisée, nous dirions que le pire est bien un choix de matériel inadapté, puis l’activité alimentaire réduite et pour finir, le manque d’expérience et de gestion du combat par le pêcheur.

2viter les décrochés lors de la pêche à la truite
La tension du fil est capitale lors d’un combat.

Le matériel et les décrochés

Dans toutes les techniques de pêche à la truite, il faut que nous adaptions notre matériel aux conditions de pêche du moment. La hauteur d’eau, les vitesses de courant, la largeur de la rivière, la profondeur, la taille des poissons recherchés, tout doit être analysé pour faire les bons choix.

L’action de la canne est ce qui permet de ferrer correctement, de ressentir ce qui se passe et de combattre efficacement un poisson sans pour cela nous faire perdre celui-ci par rupture du fil ou de la lèvre du poisson. En clair, une canne raide engendre des ruptures de fil et surtout des déchirures de lèvres alors qu’une canne molle empêche de brider rapidement le poisson et si le combat dure, c’est la rupture de la lèvre … Il faut alors trouver un compromis !

Le moulinet quant à lui permet une gestion plus aisée lors des rushs des poissons mais il en va de même pour son réglage de frein : trop serré, la lèvre fend ou l’hameçon s’ouvre ; trop lâche, le poisson fait ce qu’il veut et se décroche.

Le corps de ligne est soit un mono filament d’une grande élasticité soit un poly filament comme la tresse qui est raide.

L’idéal est de constituer un ensemble équilibré entre la canne, le moulinet et le corps de ligne. Retenons simplement que l’ensemble obtenu doit permettre l’aspiration correcte de l’appât ou du leurre, un ferrage efficace et une tenue du poisson pendant le combat pour limiter au maximum les décrochés.

 

L’activité alimentaire

En règle générale, la truite se nourrit quotidiennement lors de la période de pêche mais avec différents pics d’activités selon les saisons et les heures. Nous savons tous que la truite a une préférence pour les eaux fraîches et les niveaux d’eau importants. Elle est d’autant plus active dans des températures d’eau comprises entre 12 et 16 °C mais hasard s’il en est, il s’agit d’un référendum thermique pour les insectes de la rivière. Comme nous le voyons, les eaux hautes de début de saison nous apportent de belles pêches puis elles s’effacent au fur et à mesure que les mois passent pour reprendre avant la fermeture…

Tout est une question de « faim » ou de besoins biologiques et il est vrai que dans les mois chauds, selon les régions de juin à septembre, la pêche n’est pas facile. Les niveaux sont bas, la nourriture est bien moins présente, chaque prédation active est une perte d’énergie et la pression de pêche installée fait que les décrochés vont bon train. Ce sont les mois des touches éclair dites courtes, les truites prennent du coin de la gueule pour ne pas dire au ras ! Dans ce type de fonctionnement, la solution est de pêcher plus « relax » avec une action de pointe très douce qui permettra à l’appât ou aux leurres, d’être aspirés juste ce qu’il faut de plus pour piquer le dur de la mâchoire et donc éviter les décrochés.

Un frein trop serré sur un beau poisson…triple ouvert !

Expérience et gestion du combat

Derniers aspects et non des moindres à traiter, ce sont les compétences du pêcheur. Il nous apparaît évident que tout le monde sans exception décroche des poissons mais certains moins que d’autres ! Cela ne tient qu’à l’expérience et aux heures passées à pêcher en répétant heures après heures les bons gestes dans les ferrages et les combats. Un débutant ou plutôt une personne qui ne pêche pas régulièrement aura un pourcentage de réussite faible par-rapport à son ferrage et ses combats. C’est logique puisqu’un débutant est plus à même de commettre des erreurs comme ferrer trop tôt ou mal, tirer trop fort ou pas assez, laisser faire le poisson ou à l’inverse le brider tellement qu’il se décroche….

La liste est longue mais rassurons-nous, ces petits soucis se corrigent avec une pratique régulière et réfléchie !

 

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