Doublé d’une vie : les deux très grosses carpes du Salagou en 24 heures

Il y a des pêches qui vous marquent à tout jamais, comme ma toute première carpe sur un barrage de Corrèze, il y a 23 ans de cela, ou encore ma première pêche de nuit au lac du Salagou, je me souviens de tout cela comme si c’était hier. Ce week-end du mois d’août 2018 restera lui aussi un souvenir indélébile, marqué à tout jamais dans le temps…

Vendredi 17 août, après 34 jours de travail ininterrompus sans le moindre jour de repos, avec des heures à faire pâlir un délégué syndical, je suis enfin en week-end ! Inutile de préciser que pour ces deux jours de repos, je ne me vois pas ailleurs qu’à la pêche et au lac du Salagou, de surcroît ! L’été n’est pas une super période pour la pêche au lac, trop de touristes, trop de baigneurs, trop d’objets flottants non maîtrisés… Mais je n’ai pas envie d’aller ailleurs, ce sera le Salagou ou rien ! La journée du samedi risque d’être difficile en raison de l’affluence sur les berges et dans l’eau, mais je me réconforte en me disant que les nuits seront à coup sûr plus calmes. Par chance la journée de vendredi est maussade, temps gris, nuages et pluie sont de la partie, les touristes ont déserté les berges, tant mieux, cela me laisse plus de choix pour le poste.

Je commence mon repérage par la baie d’Octon, je ne sais pas pourquoi mais je la sens bien, la présence du Relais Nautique et des pédalos ont tendance à rebuter les carpistes en période estivale et les bordures vaseuses envahies d’herbes incitent moins les gens à se baigner, préférant les belles plages de sable rouge. Je décide quand même d’aller voir d’autres secteurs, mais au fond de moi, c’est dans la baie d’Octon qu’il faut pêcher. Le niveau d’eau est encore haut pour la saison, je suis persuadé qu’il y nage du poisson, il y a même fort à parier qu’un très gros poisson pourrait s’y cacher, loin du tumulte du reste du lac. C’est décidé, les dés sont jetés, je suis mon intuition et pars m’installer sur Octon. En plus de cela, pour être très honnête après un rush de saison éprouvant, m’installer sur un poste tout confort, non loin d’une mise à l’eau me va très bien. J’ai bien évidemment envie de prendre du poisson, mais j’ai aussi et surtout besoin de souffler et de décompresser.

Une installation sans stress

L’installation se fait au rythme d’un vacancier, je prends le temps de refaire chaque tête de ligne, chaque montage, au moins tout sera propre et neuf pour la pêche, et cela fait un bien fou de pouvoir prendre son temps après plusieurs semaines sous un rythme effréné. Les cannes sont prêtes, je pars sur l’eau pour placer mes repères. Deux cannes seront placées à l’aide du GPS sans prise de tête sur des spots qui m’avaient rapporté du poisson lors d’une pêche printanière, l’une derrière des herbiers dans 3m d’eau et l’autre sur ma bordure de droite à proximité d’un gros massif d’herbes différent des autres. Ces deux cannes pêcheront avec des bouillettes à la noix tigrée, les Radical Tiger’s Nuts, l’une en bonhomme de neige 24/20mm et l’autre en pop-up. Mais comme il ne faudrait pas trop se la jouer touriste, je décide de chercher deux nouveaux spots pour les deux cannes suivantes. S’en suit alors une bonne heure de quadrillage du poste à la rame, en laissant traîner sur le fond un fil à plomb derrière le zod, je me souviens d’une petite rangé d’arbre fruitier que j’avais pêché il y a une douzaine d’année de cela, si je la retrouve cela pourrait être un bon poste, mais rien à faire, pas moyen de repasser dessus. A force de quadriller, je fini par tomber sur des petits obstacles à la limite d’une cassure, cela ressemble à des petits arbres ou des grosses branches posées sur le fond, au contact il y a un peu de roche au milieu de cet océan de vase, c’est parfait, marquons cela d’un repère et ça ira bien. La dernière canne ira gratter au devant des gros massifs d’herbe qu’il y a devant le poste dans 1,2m d’eau, après tout il se pourrait aussi que du poisson passe par ici. Pour ces deux autres cannes je choisis de pêcher avec une bille qui m’a très bien réussi sur le lac durant tout le printemps, la Pink Tuna, les deux cannes sont armées d’un bonhomme de neige en 24/20mm et amorcées avec quelques poignées de billes.

Je termine l’installation en montant ma Tarp pour la nuit, le ciel est encore chargé et même si un léger vent de Nord se lève, j’espère ne pas prendre un orage, je n’ai pris comme seul abri pour le week-end que la toile d’ombrage, j’espère que mon excès d’enthousiasme ne me jouera pas des tours, mais je pense que ça devrait le faire. La soirée s’installe paisiblement, l’activité sur la baie est nulle, je ne vois pas le moindre signe d’activité, néanmoins je suis confiant, je le sens bien et encore plus concernant la canne placée sur la cassure avec les petits obstacles, celle-ci, si la diode orange s’allume il ne faudra pas traîner à réagir.

Grosse carpe du Salagou
Un poste tout confort riche en surprise !

Une première nuit inespérée !

Après un repas simple et vite englouti, je me pose confortablement sur le bed, juste par le fait de savoir que je dispose de deux nuits pour pêcher, et surtout d’être là, à la pêche au bord de mon lac préféré, je me sens bien. J’observe le lac, toujours pas la moindre activité, peu importe, on verra bien l’issue de la nuit. Même si ma stratégie ne paye pas la première nuit, il me restera une nuit pour sauver le capot. Un léger vent de nord se lève en début de soirée puis se renforce, m’obligeant à baisser la sensibilité des deux cannes qui le prennent de travers. Malgré cela la canne de droite ne cesse de biper, je ne veux pas trop baisser la sensibilité en raison des nombreux herbiers car un départ pourrait se solder par une simple tirée. Bien que la fatigue cumulée des semaines précédentes est présente je ne parviens pas à trouver le sommeil, moi qui pensais m’effondrer, on dirait que Morphée m’a oublié ce soir… Et puis cette canne qui n’arrête pas de sonner !! Je décide de me lever pour baisser encore d’un cran la sensibilité quand trois bips se font entendre de façon plus rapprochée que lors des rafales de vent. J’éclaire et vois mon swinger en bas, je me lève afin de vérifier et au moment où je saisis la tresse entre deux doigts, je sens distinctement des coups dans la ligne. Je ferre, le poisson est au bout, je décroche le zod et pars chercher cette carpe déjà réfugiée dans les herbiers. Le combat est bref, à peine arrivé à l’aplomb le poisson monte en surface et rentre vite dans l’épuisette. C’est une petite miroir, je décide de la mettre au sac pour mieux la voir demain, je replace la canne et me recouche. Maintenant que j’ai pris un poisson, rapidement en plus, je pense pouvoir m’endormir plus serein, mais rien n’y fait, il est presque 2h du matin et j’ai toujours les yeux grands ouverts ! Une demi-heure plus tard, au milieu des nombreux bips intempestifs produits par la canne de droite, trois autres bips me font relever la tête, je regarde les cannes et vois la diode orange allumée… « Purée ! (pour être poli…) c’est la canne des obstacles ! Vite !! ». Arrivé sur la canne le swinger est en bas et commence à remonter, je ferre et saute dans le zod pour assurer le poisson. Moteur à fond je traverse les herbiers et me retrouve tout de suite à l’aplomb du poisson, sur le coup j’avoue ne rien comprendre, la canne pêche à 105m du bord et je me trouve au dessus du poisson dans les herbiers à peut-être 50m du poste, le poisson est dessous, je pompe doucement pour la faire monter, il n’y a pas beaucoup d’eau, 2,5m au maximum, le poisson se retourne et monte en surface. Je vois alors une miroir ENORME monter au bateau ! « J’ai louché ce n’est pas possible ! ». Mais aussitôt vue, aussitôt repartie dans les herbiers, et pour ne rien faciliter, voici maintenant LA rafale de vent qu’il ne fallait pas prendre. Le vent m’éloigne du poisson, je desserre le frein pour ne pas risquer de la décrocher et tente de me reprendre au moteur, ce qui est rendu encore plus compliqué en raison des herbiers qui se prennent dans l’hélice. Après plusieurs manœuvres interminables le poisson remonte une première fois, puis une deuxième, mais à chaque fois le vent m’éloigne avant que je ne parvienne à rentrer cette géante au fond du filet ! Je stresse au maximum, le combat est en train de s’éterniser, ce n’est pas bon purée (encore pour être poli…) ! Je tente de relativiser en me disant qu’il s’agit très certainement de la vieille miroir que j’ai capturé en 2014, mais malgré tout, je veux qu’elle rentre dans l’épuisette ! Finalement j’arrive enfin à me positionner en amont du poisson et à la faire monter en surface à temps pour la rentrer dans le salabre ! Putain quel fish de fou (y’a plus de politesse qui tienne dans ces moments là!) !! Je la monte avec peine dans le bateau, en même temps je n’ai pas le choix, il y a trop d’herbiers pour la ramener comme ça, un effort, un petit craquement dans le bas du dos, mais elle est là, devant moi, elle est énorme, massive, je n’en reviens pas, c’est un moment de dingue !

Dès la première nuit le lac m’offre un poisson large et massif de 28,5kg !
Dès la première nuit le lac m’offre un poisson large et massif de 28,5kg !

Le temps vient de s’arrêter !

Arrivé au bord, re-crac dans le dos pour la sortir du bateau, je prépare tout pour la pesée et tente de peser cette géante avec beaucoup de mal, pour être honnête, l’adrénaline me rend tremblant et frêle comme l’aiguille du peson qui oscille entre 28,4kg et 28,8kg. A ce moment là le poisson en lui même suffit à me remplir de joie, les centaines de grammes ne comptent pas, le peson n’est qu’une réponse à une question qui résonne au fond du crâne… « Mais combien ça pèse une bête pareille ?! » Un petit 28,5kg me convient parfaitement, inutile de pinailler pour gagner 100g, le plaisir ne sera pas plus grand.

Je place la grande miroir dans mon plus grand sac de conservation, celui que je réserve aux très gros poissons, je rallonge le lien avec deux grandes cordes de façon à ce qu’elle puisse se réfugier près des herbiers dans suffisamment d’eau pour qu’elle soit à l’aise. Quant à moi, je peux vous dire qu’à cet instant je suis bien, je suis très bien même ! La pêche est faite et ce dès la première nuit, c’est un truc de fou, je sentais qu’il pouvait y avoir un très gros poisson dans cette baie, mais de là à le prendre après seulement 6 heures de pêche, je n’aurais pas parié mon salaire !

Une fois la canne replacée, je me couche, comment dire… léger et serein, puis m’endors paisiblement, un petit sourire crispé au coin des lèvres.

A peine deux heures de sommeil et un Sensonic me réveille en sursaut, cette fois-ci ça démarre pour de bon, c’est à nouveau la canne de bordure, celle de la petite miroir. Le combat est bref, l’adversaire n’a pas vraiment la corpulence pour opposer une résistance suffisante, c’est une petite commune qui a mordu sur la pop-up. Aussitôt dans l’épuisette, je la décroche et lui rend sa liberté, j’ai suffisamment de travail au sac pour la séance photo de demain…

Je profite de la séance photo pour mieux observer le poisson, il ne s’agit pas de la vieille miroir qui se fait souvent prendre, c’est un autre poisson moins connu mais qui s’est déjà fait prendre quelques fois. Se prendre en photo seul avec un tel poisson n’est jamais facile, néanmoins, avec l’habitude, les clichés sont vite tirés afin de lui rendre sa liberté le plus vite possible, je regarde cette géante s’éloigner en direction des herbiers, quel poisson ! Je viens de vivre un grand moment de pêche, à présent même si rien d’autre ne se passe, pour moi la pêche est faite, je suis déjà sur mon nuage.

La journée passe paisiblement, mis à part un couple d’anglais qui ne trouve rien de mieux que de passer à trente mètres des cannes en canoë, emmenant avec eux une ligne coincée dans leur quille, la journée est calme, les pédalos restent au loin et les baigneurs sont rares, sieste et trempette résume cette journée.

Des montages simples, comme toujours.

L’apothéose !

Le soir venu je décide de déplacer la canne qui pêchait devant les herbiers, même si la pêche est faite, cela n’interdit pas de s’appliquer pour essayer de prendre un poisson de plus. Les autres cannes sont replacées à l’identique, si ça mord dans la nuit tant mieux, si ça ne mord pas ce ne sera pas grave, j’ai déjà pris bien plus que ce que j’étais venu chercher.

La nuit vient à peine de tomber et comme la veille le vent se lève au crépuscule, la canne de gauche replacée deux heures plus tôt émet quelques bips, le swinger est en bas puis remonte doucement, je saisi la canne et ferre, le poisson est au bout !

Je pars en bateau car le montage étant placé juste derrière le grand banc d’herbiers, le poisson y a directement trouvé refuge. Arrivé à l’aplomb je sens que la carpe est solidement prise dans la masse d’herbe, plutôt que de tirer dessus avec la canne et risquer la décroche, je saisi ma tête de ligne à la main, à genou dans le zod et commence à tirer doucement, le poisson monte petit à petit, je vois alors monter une miroir colossale ! Le poisson replonge aussitôt, bien sûr entre temps la tête de ligne est venue faire quelques tours autour du scion, « bon sang je vais la perdre ! », la carpe regagne immédiatement les herbiers, j’arrive à dénouer la tête de ligne avec beaucoup de mal, une fois de plus le vent est de la partie et ne facilite rien. Je suis en stress total, le poisson a l’air aussi gros que la géante de la première nuit, dans ma tête je me dis que c’est impossible, pourtant je l’ai bien vu, à moins d’un mètre de mon visage, il n’y a aucun doute possible sur la largeur du fish, s’agit il de la même ?! Malgré le vent j’arrive à remonter en amont du poisson et parviens à « planter » le moteur dans les herbes pour me stabiliser au dessus du fish, le poisson remonte sous la pression de la canne mais au moment de la rentrer dans l’épuisette, je vois les bras de celle ci se replier et tomber à l’eau ! « Pu…. de bord.. de mer.. ! ». D’un réflexe je saisi les bras de l’épuisette et vois au même moment le manche basculer par dessus le boudin du zod, ce n’est pas vrai, je ne vais pas y arriver ! Je récupère le manche, tout est à bord mais démonté et la carpe est toujours dans l’herbier, si elle y est encore… Malgré l’adrénaline et le stress j’analyse rapidement la situation, je ne peux pas reposer la canne pour remonter l’épuisette au risque de créer un mou dans la bannière, je dois faire avec, je décide d’essayer de rentrer la carpe sans le manche, juste avec les bras d’épuisette dans une main, à la façon d’une paire de baguettes chinoise, sauf que je n’ai jamais mangé avec des baguettes chinoises, et encore moins aussi longues. Je reprends ma tête de ligne à la main pour débloquer le poisson des herbes, la carpe monte en surface, mon dieu qu’elle est épaisse ! Vite il faut tenter de la rentrer, le premier essai est un échec, et la carpe repart de plus belle, je garde la tête de ligne à la main pour retenir le poisson, ce n’est certainement pas la meilleure idée du monde mais je n’ai pas le choix ! À la deuxième tentative, le poisson monte et se retourne en surface, je suis couché sur le boudin du zod, la tête de ligne dans la main gauche et les bras de l’épuisette dans la main droite, il faut qu’elle rentre !! Au moment où la carpe se retourne, elle bascule par chance du bon côté et sa tête retombe à l’entrée du filet, je tente de faire glisser le filet dessous mais les herbes m’en empêche, à peine la moitié du poisson est dans le filet (ce qui fait déjà un gros morceau…), je lâche alors la tête de ligne et empoigne les bras de l’épuisette à deux mains, ça passe ou ça casse, mais il faut qu’elle rentre maintenant ! D’un coup de queue à l’image de l’épaisseur du fish, le paquet rentre dans le filet en me gratifiant d’une vague en plein visage, à me tremper jusqu’au dos, mais cette fois elle y est ! Le poisson est là, en sécurité dans le filet de mon épuisette, elle est à moi, j’ai gagné ! Non sans mal mais elle y est ! Je ne peux retenir un cri de joie, je ne suis plus sur un nuage mais en train de danser sur la station MIR ! C’est un truc de fou, je n’arrive pas à y croire, je viens de prendre une deuxième géante du lac, le poisson à l’air aussi gros que le premier, très honnêtement j’ai du mal à croire ce qu’il m’arrive ! Le temps de revenir sur le poste, je ne cesse de me répéter que c’est impossible, que c’est un truc de fou, j’ai beau l’avoir devant moi je n’arrive toujours pas à croire ce qu’il m’arrive. A ma connaissance ce n’est jamais arrivé, le poisson pèse forcément plus de 28kg, vu sa masse et sa longueur, cela ne laisse aucun doute ! Une fois au bord, la pesée indique le poids de 29kg, je viens de battre mon record personnel de 200g, mais ça clairement à cet instant précis je m’en fous royalement, la joie de voir ce deuxième poisson taille XXL du grand rouge est bien plus immense qu’un simple chiffre. Je reconnais le poisson rapidement, en fait j’ai reçu une photo au printemps d’un allemand qui avait pris ce poisson à un peu plus de 30kg, malgré la centaine de miroir que j’ai en archive, c’était la première fois que je voyais cette carpe en photo, et aujourd’hui le poisson est là, devant moi, c’est incroyable ! Déjà le fait de capturer un très gros poisson au Salagou dès la première nuit était quelque chose de très fort, mais en prendre une deuxième la nuit suivante, cela tient clairement de l’irréel, je suis pris d’un fou rire nerveux mêlé à des larmes de joie, je vis un moment unique, je viens de réaliser la plus grosse pêche de ma vie ! Et pas n’importe où… !

L’apothéose avec ce deuxième poisson hors norme !
Une géante qui ne sort que très rarement des eaux troubles du lac.

Je viens de réaliser la plus grosse pêche de ma vie !

Une fois le poisson au sac, assis le cul par terre, j’envoie un sms à mon ami Pascal Cassard pour lui annoncer ce deuxième poisson de fou. Pascal est à l’origine de ma passion puisque c’est lui même qui m’avait fait prendre ma première carpe dans ce barrage de Corrèze, il avait donc déjà reçu un sms la première nuit, sa réponse n’a pas traîné… « T’es pas sérieux ?! ». Après un bref appel, je décide de replacer la canne, je n’espère rien de plus pour cette nuit, je suis déjà plus que comblé, mais après avoir vécu quelque chose d’aussi fou et aussi peu probable, on ne peut que se dire que l’on ne sait jamais, que tout est possible, la preuve en est dans le sac de conservation.

Alors que je suis en train de replacer le montage, il me semble entendre un son aigu sur le bord, je lève la tête mais rien… si ! Il y a une deuxième lumière sur le poste, c’est une diode bleue, la centrale est allumée ! Je reviens le plus vite possible, au fur et à mesure que je me rapproche j’entends la centrale qui hurle et qui hurle ! J’accoste rapidement, pose la canne, charge l’épuisette et c’est reparti ! C’est la canne de droite en bordure qui déroule pour la troisième fois, vu les massifs d’herbes et la distance qu’elle a parcourue, je ne suis pas sûr d’avoir le poisson. Heureusement la carpe n’est pas rentrée dans l’herbier mais à fait le tour de celui-ci, c’est une petite miroir de quelques kilos, je la décroche dans le bateau et la remet à l’eau. Au vu des résultats de cette canne, je décide de ne pas la replacer, il est encore tôt, elle pourrait redémarrer dans la nuit mais je préfère rester entièrement disponible pour les trois cannes en pleine eau, et puis avec le poisson qui attends au sac, j’en ai largement assez !

Du bonheur plein les bras, un souvenir inoubliable !

La seconde matinée se déroule comme la première, avec un méga poisson dans les bras pour la séance photo, ce que je vis est juste incroyable ! Des très gros poissons au Salagou, il s’en prend tous les ans, pas des dizaines, mais il se prend toujours quelques poissons de plus de 25kg, souvent les même d’ailleurs. Mais lorsque que l’on a un tel poisson dans les bras au Salagou, on comprend vite que cela ne se reproduira pas de sitôt, ce sont des moments rares et très précieux pour chaque pêcheur qui croise le chemin d’une géante du grand rouge. Si avant ce week-end on m’avait prédit ce résultat, je crois que j’aurais éclaté de rire, tant cela peut paraître impossible, et pourtant… je crois qu’impossible n’est pas Salagou…

 

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